L'équipe Cofidis a décidé mercredi soir de se retirer du Tour de France suite au contrôle antidopage positif de son coureur italien, Cristian Moreni. Un coup dur pour la formation nordiste et tout particulièrement pour son manager, Eric Boyer.
"Vinokourov salit le Tour". Ce constat dressé au matin de l'étape du col d'Aubsique par Eric Boyer sonne désormais bizarrement. Comme si tous étaient unanimes pour condamner le dopage dans le cyclisme sans que les directeurs sportifs, eux-mêmes, ne puissent suffisamment contrôler les faits et gestes de leurs propres coureurs. En clôture de la trilogie pyrénéenne, le manager de Cofidis a ainsi été rattrapé par ses propos et son discours franc et sans concession contre les tricheurs.
Se disant souvent à l'écoute de ses coureurs, il a semblé finalement que son écoute ait atteint un certain seuil limite dans le cas de Cristian Moreni, controlé positif à la testostérone à l'issue de la 11e étape. "Il s'excuse pour ce qu'il a fait. Il a eu un moment de faiblesse comme tout le monde peut en avoir. Malgré ma présence au près de mes coureurs, je n'ai pas pu le déceler et je m'en veux beaucoup" déclarait-il après que l'ancien champion d'Italie fut emmené sous ses yeux par les gendarmes. Une réaction sans doute un peu tardive pour Boyer, car le mal est fait.
Le dirigeant de l'équipe nordiste cherchait tout de même à ne pas blâmer son propre coureur: "Par ce geste (son aveu), Cristian assume sa faute. C'est un acte isolé. Je me sens trahi par ce qu'il a fait mais le fait qu'il ait avoué peut atténuer ce sentiment." Pour son coéquipier Stéphane Augé, c'était l'incrédulité qui prédominait: "Je ne sais pas quoi dire". Tandis que Sylvain Chavanel, exténué après une étape de haute-montagne longue de près de 220 kilomètres, en perdait sa lucidité: "Quoi? Cristian positif? Bah c'est la fête! ".
Un départ logique
A l'instar de l'équipe Astana, Cofidis quitte donc le Tour . L'hôtel de l'équipe française est même perquisitionné par les gendarmes. Ces mêmes gendarmes qui emmenaient Moreni après que son patron lui ait glissé quelques derniers mots à l'oreille. Car Cofidis, comme cinq autres équipes françaises, avait protesté au départ d'Orthez après l'éviction d'Alexandre Vinokourov et de ses coéquipiers. Une attitude qui parait, après coup, contradictoire mais qu'Eric Boyer assume totalement. "J'assume tout ce que j'ai dit, surtout hier envers certaines personnes. En disant cela, je savais que je n'étais pas à l'abri", ajoutait-il.
Alors que l'on pensait les équipes de l'hexagone épargnées, les voici à nouveau sur la sellette, pas à l'abri d'une nouvelle affaire de dopage issue de leurs rangs. Aggravée la situation de son équipe, pour laquelle Eric Boyer s'est mis en chasse d'un nouveau partenaire à l'horizon. C'est également le spectre de la première affaire Cofidis qui réapparait. Philippe Gaumont, Massimiliano Lelli ou encore David Millar, furent ainsi les acteurs d'un système de dopage au sein même de leur propre équipe. François Migraine, alors président de Cofidis, avait décidé temporairement de retirer l'équipe du cyclisme avant que progressivement celle-ci ne revienne à une vie normale.
Dans la foulée, Eric Boyer en avait pris les rennes et affichait éclairement ses motivations: changement de médecin, bouleversement de l'effectif avec départ de nombreux coureurs et suivis personnalisés ont été mis en place afin de repartir sur des bases entièrement nouvelles. Le Francilien avait également choisi d'être vraiment à l'écoute des coureurs. Une bonne volonté insuffisante pour celui-ci....